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Retards de langage oral chez l'enfant : approche diagnostique oto-rhino-laryngologique et facteurs étiologiques

Ramarozatovo NP 1, Valisoa HA 2, Andriamialiarivony MI1, Rakotoarisoa AHN 3

  1. Service d’ORL et chirurgie cervico-faciale du CHU Andohatapenaka
  2. Service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale du CHU Anosiala
  3. Service d’ORL et chirurgie cervico-faciale du CHU Place Kabary Antsiranana

Auteur correspondant : RamarozatovoNP

Service ORL du CHU Andohatapenaka

Mail : njakapsc@yahoo.fr

Tel/WhatsApp : +261 340290457

RÉSUMÉ

Contexte : Le retard de langage oral constitue un enjeu majeur de santé publique dans les pays à ressources limitées, avec des répercussions significatives sur le développement cognitif, social et éducatif des enfants. À Madagascar, les données épidémiologiques restent insuffisantes, et l'accès aux soins spécialisés demeure limité.

Objectifs : Décrire le profil épidémiologique et clinique des enfants consultant pour retard de langage oral, identifier les principales étiologies oto-rhino-laryngologiques, et proposer une démarche diagnostique systématique adaptée.

Méthodes : Étude rétrospective descriptive menée au CHU Andohatapenaka, Antananarivo, sur 12 mois (octobre 2023-septembre 2024). Les enfants de 0 à 15 ans consultant pour retard de langage oral ont été inclus. Les données épidémiologiques, cliniques et paracliniques ont été analysées selon les standards STROBE.

Résultats : Sur 1184 consultations pédiatriques, 68 cas de retard de langage oral ont été identifiés (prévalence 5,74%). L'âge moyen était de 3 ans et 9 mois, avec une prédominance masculine (63,24%, sex-ratio 1,73). La surdité représentait l'étiologie principale (94,12% des causes ORL), majoritairement bilatérale symétrique (81,48%), allant de légère (26%) à profonde (19%). Les potentiels évoqués auditifs ont révélé des anomalies chez 56% des enfants testés, tandis que l'imagerie cérébrale montrait des atrophies ou lésions dans 44,44% des cas. Les facteurs de risque prédominants incluaient l'exposition excessive aux écrans (27,94%), les antécédents périnataux défavorables (prématurité 13%, réanimation néonatale 22,06%), et le faible taux de scolarisation (51,47%).

Conclusions : Le retard de langage oral est multifactoriel, avec prédominance des troubles auditifs dans le contexte malgache. Une démarche diagnostique systématique intégrant l'évaluation auditive par potentiels évoqués et otoémissions acoustiques est essentielle. Le dépistage précoce, la sensibilisation parentale et l'amélioration de l'accès aux soins ORL sont primordiaux pour réduire l'impact de ces troubles sur le développement de l'enfant.

Mots-clés : Retard de langage oral, Enfant, Surdité, ORL, Madagascar, Diagnostic précoce

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