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Rahanitriniaina NMP1, Rabenjarison F2, Bemora JS3, Raholinjatovo MHO1,
Rakotoarison RCN4, Rajaonera AT4
Résumé
Introduction : Le choc septique nosocomial est une complication redoutable chez les patients cérébrolésés, associée à une mortalité élevée. Les données sur son épidémiologie et ses facteurs pronostiques dans les pays à ressources limitées sont rares.Objectif : Décrire les caractéristiques évolutives et la prise en charge du choc septique nosocomial chez les patients cérébrolésés et identifier les facteurs associés à la mortalité.Méthodes : Une étude rétrospective, monocentrique, descriptive et analytique incluant tous les patients cérébrolésés (lésion cérébrale aiguë) admis en réanimation chirurgicale sur 28 mois (Janvier 2021 - Août 2023) et ayant développé un choc septique a été réalisé. Les données démographiques, cliniques, microbiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été analysées. Les facteurs associés au décès ont été identifiés par des tests de Fisher Exact et de Mann Whitney. Le seuil de signification a été fixé à 0,05 (p ≤ 0,05).
Résultats : Parmi 1155 patients cérébrolésés admis, 55 (4,7%) ont développé un choc septique nosocomial et ont été inclus. L'âge médian était de 53 [18-78] ans, avec une prédominance masculine (72,7%). Les motifs principaux étaient l'accident vasculaire cérébral hémorragique (40%) et l'hématome sous-dural aigu post-traumatique (23,6%). Le choc septique survenait après un délai médian de 12 [1-47] jours. Le foyer infectieux était principalement pulmonaire (69,1%). Les germes les plus fréquents étaient Pseudomonas aeruginosa (20% des examens cyto-bactériologiques des crachats et Enterobacter/Acinetobacter sp. après hémoculture. La mortalité globale était de 71% (39/55). En analyse univariée, le décès était associé à un âge plus élevé (53 vs 38,5 ans, p=0,036), une SpO2 plus basse avant le choc (96% vs 97%, p=0,013), un score à l’échelle de Glasgow plus bas pendant le choc (7 vs 10, p=0,025), la présence d'une anomalie pupillaire (p=0,026), le recours à la ventilation mécanique (p=0,004).
Conclusion : Le choc septique chez les cérébrolésés est une complication tardive, principalement d'origine pulmonaire, et associée à une mortalité extrêmement élevée. Les facteurs de mauvais pronostic reflètent la gravité de l'état neurologique sous-jacent et de l'insuffisance respiratoire. La prévention des infections nosocomiales respiratoires et la gestion optimisée de l'oxygénation et de la perfusion cérébrale sont des axes prioritaires.
Mots-clés : Choc septique ; Infection nosocomiale ; Lésion cérébrale ; Mortalité ; Pneumonie.
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